Choix et impact

Choix et impact

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Bonjour à tous ! Aujourd’hui, j’ai le cœur un peu lourd, un peu triste. Je m’occupe depuis maintenant plus de 4 ans d’une petite minette des rues, que j’ai appelée Mia.

Mia est apparue dans ma vie fin 2015 (je l’avais déjà aperçue à l’époque des fêtes de fin d’année), mais ce n’est qu’en janvier que j’ai décidé de m’occuper d’elle, parce qu’elle avait l’air vraiment abandonnée. J’ai cherché une éventuelle famille, j’ai vérifié si des voisins avaient perdu leur chatte, mais non, personne. Je l’ai donc prise sous mon aile. J’ai déjà deux chats, un frère et sa sœur, adoptés ensemble en 2011. Ils suivent un traitement particulier pour des calculs rénaux, assez cher. Tout ça pour dire qu’il m’était difficile d’intégrer Mia dans mon appartement (oui, en plus je vis en appartement). En plus, Mia était vraiment très très sauvage. J’ai mis 6 mois à juste pouvoir lui effleurer le dos ! J’en ai déduis qu’elle avait eu une vie très difficile, et en tous cas suffisamment pour être méfiante à l’égard des humains. Mais c’était pas grave, moi je l’aimais déjà et je sais être très patiente quand il faut.

Bref, depuis plus de 4 ans, été comme hiver, je m’occupe de Mia : je descends lui apporter de l’eau et des croquettes. Je l’ai aussi faite stérilisée et pucée, avec l’aide d’une association de protection animale près de chez moi. Comme ça, elle est protégée par la loi des chats libres de 1999 (voir ici par exemple pour en savoir plus sur cette loi), est tranquille et protégée aussi de futures grossesses à répétition (ça permet aussi d’éviter à des dizaines de chatons de se retrouver eux aussi sdf…). Mia, c’est mon troisième chat, en fait. Je l’aime comme mon chat, comme un membre de ma famille, au même titre que mes deux autres chats. Au fil du temps, une confiance s’est établie entre elle et moi, et elle m’a laissée l’approcher (j’étais la seule à pouvoir la toucher de toute la résidence !). Je n’ai par contre jamais pu la prendre dans mes bras pour lui faire des câlins, elle n’aime pas ça. D’ailleurs, je m’étais toujours dit que le jour où elle accepté, je la ramène chez moi, parce que ça voudra dire qu’elle est prête à vivre dans une vraie maison. Oui, là aussi, je crois aux signes ! C’est aussi une façon pour moi de respecter le choix de vie de Mia : elle vit dans la rue, elle doit aimer sa liberté, aller et venir comme elle veut et où elle veut (même si je me dis souvent que ça doit être extrêmement stressant malgré tout…mais qui sait, elle aime peut-être cette urgence, ce stress permanent de devoir partir en courant parfois ? Comme on le voit dans certains films pour certains contre-héros).

Mais depuis deux semaines, je n’ai pas vue Mia. Alors je m’inquiète. Beaucoup. Et ce matin, j’ai décidé de contacter le refuge qui m’a aidée à la faire stériliser et pucer, pour m’assurer qu’ils n’ont pas eu de mauvaises nouvelles…Parce que même si ça fait mal, je préfère savoir si Mia est morte ou pas. Comme elle est est identifiée, si quelqu’un la retrouvait décédée, le refuge serait prévenu.

Alors, c’est vrai, ce matin, je suis chafouin. Triste, incertaine, mais aussi coupable. Oui, je me sens coupable. Parce que depuis quelques mois, Mia est mise en difficulté par l’arrivée d’une nouvelle voisine, qui a deux chattes. Ces deux chattes sont très dominatrices et elles marquent leur territoire férocement. Mia est plus âgée (le vétérinaire en 2016 m’avait dit qu’elle avait déjà au moins un an, donc maintenant elle en a 5 minimum), là depuis plus longtemps, mais elle est gentille, bonne patte. Tant qu’on ne l’embête pas, elle n’embête pas. Elle part, elle ne bataille pas. Par contre, ces deux chattes-là, elles sont comme ça : elles vont chasser tous les chats aux alentours ! Même dans leurs propres jardins ! Des vraies pestes. Et Mia le paie cher depuis des mois. On avait même dû changer nos habitudes : le point de nourriture ne pouvait plus être le même, puisque très proche du jardin des deux miss. L’horaire aussi avait été un peu modifié, selon la présence ou non des deux vilaines…

Mais plus le temps passait, moins Mia venait à nos rendez-vous quotidiens. Elle avait même carrément changé de territoire, préférant s’exiler de l’autre côté de ma résidence…J’allais quand même la voir, mais nos habitudes n’y étaient plus, je ne savais pas où laisser sa gamelle pour qu’elle soit tranquille. Et là dessus, le confinement est arrivé.

Et avec ce confinement, ma peur de sortir. Surtout avec des voisins qui ne respectaient rien et continuaient à recevoir amis et famille… Je ne voulais absolument pas les croiser, dire bonjour, risquer qu’ils s’approchent trop près. Donc j’ai choisi de ne chercher Mia que lorsque je sortais faire les courses, une fois par semaine. Parfois, sur la fin, deux ou trois. Je dis chercher, parce qu’avec ses changements d’habitudes, il fallait maintenant vraiment que je la cherche, que je l’appelle, que je tourne et vire pendant longtemps. Alors, oui, vous le voyez arriver ? Le « c’est pas bien » ? Vous l’avez peut-être même déjà pensé, intérieurement, en me lisant deux phrases plus haut. Et c’est pas grave. Moi aussi je me le suis dit. Beaucoup. Chaque jour. Tous les jours, je pense à Mia, je scrute depuis ma terrasse le petit chemin, pour voir si elle vient, comme avant. Mais Mia ne vient plus depuis déjà quelques semaines….pour avoir la paix, j’imagine.

Donc voilà où j’en suis. J’ai vu Mia et j’ai pu lui donner à manger mardi 5 mai. Et depuis, plus rien. J’ai essayé de la chercher plusieurs fois cette semaine. De l’appeler encore depuis ma terrasse tous les jours, scruter le chemin, les arbres, ses cachettes habituelles. Mais pas de Mia. Et ce sentiment de culpabilité, par contre, lui, est bien là. Je m’en veux, oui, de ne pas avoir continué à aller voir Mia tous les jours, juste parce que j’avais peur de sortir et de croiser des voisins. Je m’en veux parce que j’ai peur qu’elle ait eu le cœur brisé, qu’elle ait cru que je l’abandonnais ou que je ne l’aimais plus. Ce serait la pire chose pour moi ! Et le pire du pire : qu’elle soit morte en ressentant ça. Qu’elle soit morte, et que notre histoire se finisse ainsi, avec un espacement de ma part. Qu’elle soit partie sans que je puisse la revoir, lui redire combien je l’aime et combien elle compte pour moi. Lui dire que je m’en fous des autres (chats ou voisins), et qu’on trouvera un autre endroit pour nous retrouver et poursuivre notre belle histoire.

Alors, oui, je pleure. Peut-être pour rien, d’ailleurs. J’espère pour rien ! J’espère que Mia va réapparaître, comme si de rien n’était, cet après-midi, demain ou dans 3 jours. Je l’appelle de mes vœux, de mon cœur, tous les jours.

Cet article devait être un article bilan de confinement. Parce que justement, mon histoire avec Mia fait partie de ce bilan, et des choses que j’aurais voulu qu’elles se passent autrement. Mais finalement, cet article parle de moi, de mon cœur, de mon intime. Et des choix qu’on fait.

Alors, aujourd’hui, c’est dur, c’est très dur. Je vais laisser couler (mes larmes, le temps), je vais intégrer cette leçon et puis je vais accepter que c’est ainsi. Puisque c’est ainsi, à cet instant. Tous les choix que nous faisons ont un impact dans notre vie. TOUS. Même celui de se dire qu’après le confinement, je reprendrais mes tournées de croquettes quotidiennes. Même un choix aussi insignifiant (je me disais aussi qu’elle avait de quoi manger, au printemps, à l’extérieur, et il y a aussi d’autres voisins qui la nourrissent parfois).

Tous les choix que nous faisons ont un impact sur et dans notre vie.

Relisez cette phrase.

Tous les choix que nous faisons ont un impact sur et dans notre vie. Peut-être par immédiatement visible, peut-être imperceptible, mais même énergétiquement, cela a un impact. D’où l’importance de bien choisir ce qu’on nourrit en nous, au sens propre comme au figuré.

Aujourd’hui, je choisis de nourrir le pardon de moi, et de m’envoyer de la bienveillance et de l’amour, comme je ferais pour une amie ou pour une cliente. Parce que je mérite d’être réconfortée et aimée. Même si j’ai fait une erreur. Mais de toutes façons, quoi qu’il en soit et où que Mia soit, elle sait que je l’aime. J’en suis sûre. Parce que tout ce qui restera de cette histoire, c’est l’amour.

Je t’aime, Mia.

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